Nous avons une responsabilité particulière à ne pas oublier les nombreuses personnes qui sont éloignées du numérique, soit pour des raisons de précarité, soit parce qu’elles ne savent pas trop comment appréhender ces nouveaux outils.

 

La Région Rhône-Alpes, consciente de l’enjeu que constitue l’inclusion numérique de ses citoyens innove et lance, avec l’appui d’Emmaüs Connect, la construction d’un plan d’action régional « le numérique pour tous ». La Ville de Grenoble s’engage comme ville pilote pour porter la première stratégie d’inclusion numérique locale qui, par la suite, sera répliquée à l’échelle de la région. Entretien avec Laurence Comparat, Adjointe à l’Open Data et aux logiciels libres de Grenoble

Le numérique peut-il, selon vous, bénéficier à tous les citoyens ?

Le numérique peut – et surtout doit- bénéficier à tous les citoyens. Développer le numérique n’est pas un objectif en soit, mais bien un outil au service des politiques publiques, et cela doit donc être fait à bon escient. Par exemple, la dématérialisation des services à l’usager peut générer d’importantes économies, et favorise ainsi une meilleure gestion de l’argent public. Mais c’est aussi la qualité du service qui est en jeu. Le temps de travail des agents de la Ville étant allégé du temps de traitement des dossiers, ils peuvent ainsi  se consacrer davantage à l’accueil physique des personnes non connectées ou qui auraient besoin d’aide pour monter leur dossier administratif.

Grenoble, territoire pilote de ce plan d’action régional. Pourquoi ?

Grenoble a la réputation d’être une ville « high tech ». C’est vrai dans une certaine mesure : nous avons parmi nos concitoyens de nombreuses personnes qui sont très à l’aise avec le numérique, et qui y accèdent facilement. Mais nous avons du coup une responsabilité particulière à ne pas oublier les autres, les nombreuses personnes qui sont éloignées du numérique, soit pour des raisons de précarité, soit parce qu’elles ne savent pas trop comment appréhender ces nouveaux outils. Conduire ce diagnostic sur le territoire de Grenoble, et proposer un plan d’action, est donc pour nous autant une nécessité qu’une évidence.

D’autant plus que prendre en compte la parole des personnes éloignées du numérique pour améliorer nos services en ligne, en écoutant par exemple leurs remarques sur des difficultés d’utilisation, nous permettra d’améliorer la qualité du service pour tous.


Sur quelles spécificités locales devra s’appuyer ce  Plan d’action ?

Il y a à Grenoble de nombreux acteurs qui interviennent déjà sur le plan de l’inclusion numérique, que ce soit des institutions comme le CCAS de la Ville, des associations, des chercheurs… Il y a donc pour nous un enjeu fort à les recenser, et arriver à monter un réseau d’acteurs et d’expertise pour augmenter l’efficacité globale des actions, au service de l’intérêt général. Il sera aussi intéressant pour nous d’arriver à mobiliser la frange qui est proche, voir experte, dans les usages numériques (étudiants, universitaires, grandes entreprises… – le fait que le territoire soit labellisé French Tech est à cet égard un atout), pour croiser les regards et enrichir les approches des uns et des autres. Nous avons tous à y gagner, et nous sommes donc ravis que la Région Rhône-Alpes ait choisi Grenoble pour cette première opération autour de l’inclusion numérique.

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